FOCUS ON LEBANESE PHOTOGRAPHY:
"ACROSS BOUNDARIES"

 

"Across Boundaries" est l’invitation à laquelle nous a conviée l’exposition FOCUS au sein de BEIRUT ART FAIR 2018. Sur près de 500m2, la photographie libanaise s’est affranchie des préjugés et s’est afficheé dans une maturité artistique éclatante.

Cet évènement exceptionnel, à l’envergure inédite, a créé un dialogue à travers les générations d’artistes, avec plus d’une centaine d’œuvres et installations représentatives de la production photographique libanaise, des années 1900 à nos jours.

Trois thématiques ont été développées dans l’exposition, afin de créer un dialogue et souligner la transversalité de la narration des oeuvres exposées. Dialogue qui a invité le visiteur à se questionner et à découvrir le patrimoine photographique libanais.

Ainsi dans la thématique du Territoire, c’est le paysage au sens large du terme qui a été montré, avec de magnifiques oeuvres de Manoug Alémian, Roland Sidawy ou bien l’approche contemporaine de Nadim Asfar, Randa Mirza ou Tanya Traboulsi. Une appropriation du paysage par le regard de l’artiste qui le transforme en territoire universel ou en territoire intime.

La seconde thématique s’est articulée autour du Document et explore l’histoire du Liban. Les photojournalistes des années 1975 à 1990, ou les plasticiens comme Joana Hadjithomas et Khalil Joreige, Walid Raad, Akram Zaatari et tant d’autres, provoquent une mémoire obligée et créent des oeuvres photographiques à caractère testimonial. Les artistes suscitent un questionnement sur l’absurdité de la guerre à travers les stigmates qu’elle laisse sur les êtres et les choses. Ces photographies ont des formes narratives aussi bien réelles que fictionnelles, qui s’inscrivent dans l’engagement éthique de ces artistes. 

Enfin la thématique de l’Intime a franchi la frontière de l’enveloppe corporelle et épouse l’essence des êtres. Le travail de Saro, celui de Ziad Antar ou Gilbert Hage interrogent cette notion complexe qui englobe aussi bien l’érotisme, la vanité que l’autoportrait.

Un dernier franchissement s’opère enfin grâce au dispositif de la mise en abîme, où l’espace de l’exposition se retrouve dédoublé par celui, intime, des collectionneurs. C’est à Roger Moukarzel qu’a été dévolu cet exercice délicat, à travers une installation qui nous dévoile une vingtaine de collections privées saisies dans leur environnement d’origine. Cette installation a permis en cela l’ultime franchissement, celui de la fabrication artistique de l’exposition elle-même et nous a convié à franchir nos propres frontières.

L’exposition a été accompagnée d’un programme de tables rondes et de la publication d’un catalogue comprenant un texte de Tatyana Frank, directrice du Musée de l’Élysée à Lausanne.

 

« ACROSS BOUNDARIES » a été rendue possible grâce au soutien de la Byblos Bank, La Régie Libanaise Des Tabacs Et Tombacs et l’Ambassade de Suisse au Liban 

Randa Mirza, Live up to your true nation, Beirutopia, 2013, Pigment ink on Baryte paper, 80 cm x 110 cm, Courtesy Randa Mirza, Private Collection
Manoug Alemian, Bacchus Temple at night, 1963, Photographic Collections of the Archives and Special Collections, AUB Libraries
Saro, Untitled, circa 1960, colorized photography, 30x40 cm, Courtesy Private Collection
Ziad Antar, Roue de Beyrouth, 2011, Color photography, 125x125 cm, Courtesy Ziad Antar, KA Modern & Contemporary Art